En 1978, le CHL ouvrait le premier service d’hémato-oncologie au Luxembourg. En pratiquement 40 ans, s’adaptant à l’incidence et à la prévalence croissantes du cancer, le service a évolué, passant d’une unité composée d’un médecin et de quelques infirmières à une structure renforcée de 8 hémato-oncologues, 3 médecins en voie de spécialisation et 66 soignants en 2016. Ancré dans la dynamique du Plan cancer national, le CHL a fait siens les objectifs nationaux et se donne comme priorités de veiller à l’amélioration constante de la qualité de la prise en charge et de la qualité de vie des personnes atteintes du cancer, et d’augmenter la survie des patients. 

2016 a vu une intensification des efforts du CHL dans sa lutte contre le cancer. Tenant compte de l’augmentation importante et constante de l’activité (nombre de patients, nombre de chimiothérapies dispensées quotidiennement, nombre de journées d’hospitalisation), la direction du CHL a revu l’organisation du service d’hémato-oncologie. Elle a ainsi planifié le renforcement de l’équipe médicale, validé la mise à disposition de 20 lits d'hospitalisation en plus dans trois unités spécialisées en cancérologie et préparé le déménagement de l’unité technique de chimiothérapie vers le premier étage du bâtiment CHL Centre, dans un espace qui permettra d’accueillir simultanément 14 patients en traitement. Ce nouvel hôpital de jour oncologique, qui ouvrira ses portes dès le début de l’année 2017, permettra quotidien- nement à 70 à 100 patients atteints de cancer de venir suivre leur traitement de chimiothérapie, en quelques heures, sans être hospitalisés. Cette unité technique de chimiothérapie n’est toutefois que la partie émergée de l’iceberg que représente la prise en charge d’un patient atteint de cancer au CHL. 

Une prise en charge inter et pluridisciplinaire

La prise en charge démarre dès qu’un cancer est sus- pecté. Elle se fait soit lorsqu’un patient vient consulter un médecin spécialiste (de sa propre initiative ou sur les recommandations de son généraliste), soit lors d’une visite en policlinique/urgences d'un patient alerté par des signes de détérioration de sa santé. Dès ce moment, la prise en charge est à la fois inter et pluridisciplinaire : quel que soit le médecin spécialiste consulté, il travaillera en collaboration avec ses collègues médecins d’autres spécialités, mais aussi avec d’autres professions de santé spécialisées du CHL pour accompagner au mieux le patient à toutes les étapes. Le patient n’est pas seulement pris en charge, mais il entre dans le parcours patient le plus adapté au problème qui l’a conduit à l’hôpital. 

Par exemple, pour un patient avec suspicion de cancer du sein, une consultation auprès du gynécologue enclenchera, en coordination avec le médecin spécialiste en cancérologie du sein, l’intervention du médecin spécialiste de l’imagerie, qui produira, en utilisant la tech- nique la plus appropriée, un cliché détaillé de la zone suspicieuse. Si nécessaire, ce spécialiste, son collègue gynécologue ou le chirurgien spécialiste, fera une biop- sie dont l’analyse histologique sera faite au Laboratoire National de Santé. Les biologistes du CHL pourront aussi être mis à contribution pour réaliser les bilans sanguins. C’est une infirmière spécialisée (breast cancer nurse) qui coordonnera l’organisation de ces examens et rendez vous. Le patient peut ainsi se laisser porter, sans avoir besoin de s’inquiéter des contacts avec les di érents ser- vices médicaux du CHL. Hormis l'analyse histologique de biopsie, qui sera faite, en externe, au Laboratoire National de Santé, tous les examens seront réalisés au CHL, ce qui a l’avantage indéniable de la rapidité et de la coordination d'un maximum d'informations au même endroit. 

Le CHL participe depuis des années au programme national de dépistage du cancer du sein. Seul hôpital équipé au Luxembourg d’une « prone table » permettant les biopsies de sein, il a réalisé en 2016, 10 217 mammographies, 6 957 échographies, 85 cyto-ponctions et 500 biopsies. Il a aussi rejoint, depuis septembre, le tout nouveau programme national de dépistage du cancer colorectal mis en œuvre par le Ministère de la santé. Les médecins comme les soignants du CHL mettent non seulement en œuvre ces programmes à l’hôpital mais participent aussi à leur élaboration, en collaboration avec le Ministère.

Le CHL propose par ailleurs des actions de dépistage personnel pour d'autres types de cancer (par exemple poumon et prostate), ne faisant pas encore l'objet de campagnes nationales. 

Annonce de diagnostic

Une fois toutes les informations collectées, le médecin qui a vu le patient en premier lieu peut établir son diagnostic. Il va préparer l'annonce au patient, en concertation avec l’infirmier/e coordinatrice, qui accompagnera le patient tout au long de son parcours de traitement. Si nécessaire, le médecin et les soignants s’entoureront de tous les professionnels qui pourront aider et soutenir le patient et sa famille : psychologues, assistants sociaux, kinésithérapeutes...Au delà de l'objectif primordial de combattre la maladie, il s’agit de mesurer au mieux et à l'avance, l'impact qu'aura le diagnostic sur la vie du patient, dans toutes ses dimensions personnelles et professionnelles. Cette équipe interdisciplinaire, qui se construit autour du patient, lui permet de se sentir en confiance et bien entouré. C'est une plus value fondamentale dans la prise en charge des personnes atteintes de cancer, qui repose sur les très bonnes relations et la collaboration sans failles entre les professionnels et les spécialités du CHL.

Choix du traitement personnalisé, en pluridisciplinarité 

Le diagnostic de cancer étant posé, le choix du traitement est déterminant. Chaque patient est unique, chaque cancer est spécifique, et les médecins du CHL s’attachent à prescrire des traitements personnalisés, c'est à dire adaptés à tel type de cancer chez tel patient. Pour déterminer le traitement personnalisé le plus e cace et avec l’accord du patient, l’oncologue et/ou le médecin spécialiste concerné croise les données cliniques et biologiques, y compris, si nécessaire, génétiques du patient. Il les présente à ses collègues au cours de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP), mettant en présence des oncologues, des spécialistes d’organes, des chirurgiens, des hématologues, des radiologues. Des spécialistes d’autres institutions luxembourgeoises, comme les radiothérapeutes du Centre Baclesse ou l’anatomopathologiste du LNS participent à ces réunions. Le traitement proposé sera alors discuté et a né si nécessaire. 

Les chiffres de réunions de concertation pluridisciplinaire

Ce choix thérapeutique personnalisé qui combine l'utilisation de médicaments classiques avec les thérapies les plus innovatrices, peut, si le patient est d'accord, inclure des traitements en phase de recherche. Disponibles grâce aux nombreuses études cliniques oncologiques auxquelles participent les médecins du CHL, ces traitements expérimentaux viennent compléter l'arsenal thérapeutique utilisable, dans le but évident de mieux soigner le patient et d'améliorer sa qualité de vie. 

 

Cancer et recherche au CHL

La fluidité d'un traitement personnalisé

Le plan thérapeutique, c'est à dire le traitement choisi, sera présenté au patient lors de la visite de diagnostic. Le médecin et l’infirmier/e coordinatrice en expliqueront les di érentes étapes, et présenteront la planification des visites, traitements et consultations dans les autres services ou unités du CHL. Le patient doit pouvoir suivre son traitement de manière fluide, sans se sentir dépassé par les contacts médicaux ou administratifs. Il reçoit la date de son premier traitement de chimiothérapie (à l'hôpital de jour oncologique ou en hospitalisation au CHL), ou de radiothérapie (Centre Baclesse dans le sud du Luxembourg), et si nécessaire, la date d’une intervention chirurgicale.

Les patients sont revus au fur et à mesure des cycles thérapeutiques. En fin de traitement ils entrent en phase de surveillance et de réhabilitation. En cas de récidive, un autre traitement peut être proposé, élaboré à nouveau en consultation avec d'autres médecins spécialistes lors des réunions de concertation pluridisciplinaires. 

Les soins palliatifs au CHL

Prévenir et soulager les douleurs des personnes en fin de vie en étant attentif à leurs besoins psychologiques, sociaux et spirituels, intégrer les proches dans la prise en charge et les accompagner dans la maladie et le deuil, promouvoir la philosophie des soins palliatifs à l’hôpital et à l’extérieur, voici les missions des professionnels des soins palliatifs du CHL. Ils interviennent auprès des patients soit directement dans les services d’hospitalisation du CHL, soit au niveau de l’unité fixe de 10 lits située sur le site CHL Eich. 

Un accompagnement de tous les instants

Tout au long de son parcours, le patient peut bénéficier de consultations psychologiques, d'entretiens auprès des assistants sociaux, être aidé par un diététicien pour son alimentation, travailler avec un kinésithérapeute pour sa réhabilitation etc...Le CHL a aussi mis en place de nombreuses conférences et ateliers pour les patients victimes de cancer et pour les membres de leur famille, qui peuvent en apprendre plus sur la maladie, mieux comprendre comment l’intégrer dans toutes les dimensions de leur vie quotidienne, et ainsi mieux l'appréhender et la vivre. 

 

Structure de prise en charge et activité 2016

Le registre hospitalier du cancer : RHC

Mis en place en 2012 au CHL, le registre du cancer (RHC) est un recueil continu, systématique, exhaustif et non redondant de tous les nouveaux cas de cancers diagnostiqués ou pris en charge au CHL. Il permet l'alimentation du registre national du cancer (RNC) géré par le LIH.

Le RNC permet la surveillance épidémiologique descriptive des cancers, l’évaluation des actions de santé publique en matière de prévention et de dépistage du cancer, l’évaluation de la qualité des soins prodigués aux patients cancéreux, le suivi du Plan Cancer national et de la planification des ressources nécessaires. Il est aussi un support à la recherche épidémiologique et clinique.

Initié en 2012 avec les tumeurs du sein, le RHC du CHL comporte depuis 2013 tous les cas de tumeurs solides, et les hémopathies malignes depuis 2014. Les tumeurs chez l’enfant sont également inclues dans le registre.

Registre Hospitalier du Cancer – CHL

Tumeurs avec une incidence en 2016 : 1243

Tumeurs dans le Registre du CHL (fin 2016) : 5416

En 2016

Le CHL a rejoint deux réseaux où collaborent des institutions de premier plan dans la recherche et la conduite d’essais cliniques pour lutter contre le cancer : le réseau mondial WIN (Worldwide Innovative Networking), comptant parmi ses 37 membres l’Institut Curie de Paris, l’Hôpital Universitaire de Kyoto, le Segal Cancer Center de l’Université McGill de Montréal, et des compagnies pharmaceutiques comme Pfizer ... Et, au niveau européen, le nouveau réseau OncoDistinct, aux côtés, entre autres, de l’Institut bruxellois Bordet, de l’hôpital universitaire de Strasbourg ou de l’Institut National des Tumeurs de Milan. En son sein, des médecins à la fois cliniciens et chercheurs peuvent échanger informations et traitements et participer à des projets de recherche communs. Ces deux exemples de collaboration confirment l'importance accordée par le CHL au travail en réseau, et s'ajoutent aux liens nationaux, tissés avec le LIH (Luxembourg Institute of Health), avec l'IBBL (Integrated BioBank Luxembourg), ou avec l'Université de Luxembourg. 

Prise en charge des cancers de l'enfant 

À ce jour, les enfants victimes de cancer au Luxembourg doivent suivre une partie de leur traitement à l’étranger au sein d'hôpitaux avec lesquels le CHL entretient des collaborations très étroites. Toutefois, pour offrir aux enfants et aux parents une sécurité et une continuité de la prise en charge, le CHL projette, en concertation avec le Ministère de la Santé luxembourgeois et conformément aux objectifs du Plan Cancer, la mise en place d’une filière de soins complète pour les cancers des enfants au Luxembourg.