Parkinson

Après la démence d’Alzheimer, la maladie de Parkinson est la maladie neurodégénérative la plus fréquente. Classiquement elle se définit par une triade de symptômes moteurs: tremblement de repos, ralentissement des mouvements (bradykinésie), rigidité. S’y associe fréquemment une instabilité posturale.

Durant les dernières décennies notre éventail thérapeutique s’est considérablement élargi; actuellement nous avons à notre disposition non seulement des médicaments très divers, mais aussi des techniques neurochirurgicales souvent très efficaces, dont surtout la stimulation cérébrale profonde de plusieurs ganglions de la base.

Alors n’ y a-t-il eu que du progrès ?

Malheureusement ce n’est pas le cas. Durant les dernières années, nous avons appris à connaître de plus en plus de symptômes non moteurs de cette maladie, symptômes souvent dévastateurs. Méconnus dans le passé car souvent masqués par le syndrome moteur, ils contribuent largement au bien-être (ou mal-être) du patient. C’est ainsi la dépression, et non la motricité déficiente, qui détermine majoritairement la qualité de vie du patient. La démence est inéluctable chez 50% des patients, s’ils réussissent à survivre les deux premières décennies de leur maladie. Autres symptômes fréquents:  

  • constipation sévère
  • hypotension artérielle
  • troubles de la parole
  • déglutition
  • apathie
  • troubles du sommeil.

C’est donc tout naturel que les cliniciens-chercheurs s’intéressent maintenant tout particulièrement à ces symptômes non moteurs, d’autant plus que nos moyens thérapeutiques sont très limités dans ce domaine. Avec le soutien financier du Fonds National de la Recherche, le service de Neurologie du CHL a conduit une large étude sur les signes non moteurs au premier stade de la maladie. V. Pieri, G. Hipp, O. Rufra et N. Diederich, avec le soutien en statistique de M. Vaillant du CRP-Santé, ont trouvé que différents déficits multisensoriels (odorat, vision) et dysautonomes distinguent parfaitement ces patients de leurs pairs non parkinsoniens de même âge.

Le CHL coopère d’autre part avec le Luxembourg Centre of Systems Bio-medicine (LCSB) de l’Université de Luxembourg, dont un des axes principaux de recherche est la maladie de Parkinson. Les chercheurs autour du professeur R. Balling s’intéressent particulièrement aux troubles énergétiques des cellules neuronales affectées par la maladie. Avec diverses techniques très sophistiquées ils étudient les mitochondries qui sont les “centrales nucléaires” des cellules. Ils essaient de trouver de nouveaux modèles animaux, d’établir des modèles mathématiques des réseaux dysfonctionnels sous-jacents, de trouver de nouveaux biomarqueurs, etc.. Du pain sur la planche!

Le Luxembourg peut être fier que des chercheurs locaux, tous passionnés par ce domaine de recherche, participent activement à cette grande aventure scientifique du XXIme siècle qu’est la quête des fondements et du traitement des maladies neurodégénératives.