La prévention : pourquoi ?
L’allergie alimentaire (AA) en population pédiatrique est devenue ces dernières années un problème de santé publique majeur dans les pays développés. Elle affecte dans les pays d’Europe 6 à 10% des enfants d’âge préscolaire.
Plusieurs études soulignent une augmentation des hospitalisations pour réactions allergiques alimentaires graves appelées anaphylaxies depuis 20 ans. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en l'absence de mesures préventives, 50 % de la population sera touchée par les allergies d'ici 2050.
Les allergies alimentaires, avec la dermatite atopique (DA), sont les premières manifestations de la maladie allergique atopique, précédant l'apparition des allergies respiratoires, asthme et rhinite allergiques.
Les raisons de l'augmentation des allergies alimentaires chez l'enfant
- Facteurs génétiques : parents, fratrie.
- Accouchement par césarienne.
- Mode de vie moderne et occidental, qui réduit l’exposition microbienne (théorie hygiéniste).
- Antibiothérapies pendant la période néonatale.
- Dermatite atopique précoce : rôle sensibilisant de la barrière cutanée vis-à-vis des allergènes alimentaires.
- Diversification alimentaire : introduction tardive des allergènes alimentaires.
- Autres : modifications épigénétiques (environnement), déséquilibre du microbiote intestinal, carence en Vitamine D, alimentation pauvre en fibre.
La prévention : pour qui ? Nourrissons "à risque atopique"
Nous proposons principalement ce genre d’intervention précoce aux familles déjà sensibilisées à la problématique allergique.
Le risque atopique est défini par au moins un parent ou un membre de la fratrie affecté par une maladie allergique IgE médiée documentée : à savoir dermatite atopique, asthme, rhinite allergique, allergie alimentaire.
Le risque augmente avec le nombre de personnes atteintes, en particulier le risque d’allergies alimentaires.
Quelle prévention ? Recommandations
1. Aucun régime d’éviction maternel n’est recommandé pendant la grossesse et l’allaitement. L’alimentation doit être diversifiée.
2. Accouchement par voie basse si possible.
3. Rôle fondamental de la barrière cutanée :
- Agir très tôt sur la barrière cutanée, via les émollients et la diminution des agressions en cas de dermatite atopique ou peau sèche.
- Traiter activement la dermatite atopique (voir avec le pédiatre).
- Limiter +++ la présence d'allergènes dans l'environnement du nourrisson (arachide, fruits à coques) et leur application sur la peau (cosmétiques à base de protéines alimentaires) : ATTENTION aux produits qui contiennent huile de sésame, pois, amande, noix de Macadamia, ...
4. Alimentation du nouveau-né/nourrisson :
- Mode d’allaitement et type de lait artificiel
Allaitement maternel recommandé pour tous les enfants pendant 4 à 6 mois même si le rôle réellement protecteur de l’allaitement maternel sur les allergies alimentaires, l’asthme et l’eczéma est discuté (nombreuses études contradictoires). L’allaitement maternel ne prévient pas les allergies alimentaires.
- Compléments alimentaires, microbiote
Aucune recommandation officielle.
- Diversification
Les recommandations actuelles, suite à de nombreuses études prouvant l’efficacité de l’introduction précoce d’arachide et d’œuf, sont une diversification avec introduction précoce des allergènes alimentaires entre 4 et 6 mois. Nous vous proposerons également d'introduire d'autres aliments pendant la première année de vie (fruits à coque, sésame).
En pratique, ce que nous vous proposons :
- Allaitement maternel quasi-exclusif : lait sans protéines de lait de vache si biberon de complément (hydrolysat poussé de lait ou riz), en particulier à la maternité, en attente de la montée de lait. Également par la suite si prise de biberons reste très ponctuelle avant le début d’allaitement mixte ou d’une diversification alimentaire. L’introduction préventive de petites quantités quotidiennes de produits laitiers après la sortie de la maternité est évoquée par certaines études mais non validée, ne pouvant être généralisée mais à discuter avec l’allergologue dans des cas très particuliers.
- Allaitement mixte : lait 1er âge dès le départ sauf cas très particuliers, à revoir avec l’allergologue. Le lait hypoallergénique n’est plus recommandé. Nous vous demandons de nous contacter le plus tôt possible pendant votre grossesse, afin de programmer un rendez-vous pour faire des tests cutanés aux aliments à votre bébé entre ses 4-5 mois de vie avant l’introduction des allergènes alimentaires.
Réf. : Flyer Prevention allergies alimentaires grossesse Fev 2026